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Biographie


Jeunesse


Hadj Nemat naît dans le milieu Ahl-e Haqq, un milieu fortement imprégné de religiosité dans la mesure où l'appartenance religieuse est aussi bien un facteur déterminant de l'identité que du positionnement social. Il naît dans ce qui était alors la Perse (et qui ne deviendra l'Iran qu'en 1935), dans une région excentrée et considérée comme reculée dans tous les sens du terme, dans un tout petit village (Jeyhounâbâd) où sa famille était venue s'installer vers 1834 sous le règne du roi Qajar Mohammad Shâh. D'où la deuxième partie de son nom, Jeyhounâbadi, qui signifie, « du village de Jeyhounâbâd »).

Il naît dans une famille de propriétaires terriens qui font figure de notables locaux. Et à ce titre, il reçoit, comme son père et son oncle avant lui, une éducation qui lui permettra dans un premier temps d'entrer dans l'administration et plus tard de rédiger des ouvrages savants et/ou poétiques. C'est ce qu'indique le titre de « Mirzâ », accolé au nom de son père Mirzâ Bayân, à celui de son oncle paternel Mirzâ Gholâm, et à lui-même que l'on appelait aussi Mirzâ Ne'mat.

Son prénom Ne'matollâh (Ne'mat sous sa forme abrégée) signifie littéralement
« bienfait/grâce de Dieu ». Il lui aurait été donné car la date de sa naissance correspond à la fin d'une terrible famine qui toucha la Perse en 1870/1871.

En 1880, alors qu'il n'a que 9 ans, il perd son père et un an plus tard, sa mère. Comme le veut la coutume, c'est son oncle paternel qui devient son tuteur. Malgré l'affection que lui porte ce dernier, l'élevant comme son propre fils, Hadj Nemat évoquera plus tard, dans Le Livre des rois de la Vérité, la douleur d'être orphelin et de se sentir complètement seul au monde. Cette expérience semble l'avoir marqué très profondément et explique peut-être en partie le profond attachement qu'il montrera plus tard envers sa famille en général et ses enfants en particulier. Elle explique aussi l'attention qu'il portera toute sa vie aux orphelins et l'importance qu'il accordera à cette forme de dévouement à autrui dans son enseignement éthique.

Chez son oncle paternel, Mirzâ Gholâm 'Ali, il continue à recevoir une instruction et se montre à la fois très doué pour l'étude et digne de toute la confiance de son entourage par sa rectitude morale. C'est ainsi que son oncle lui confie la gestion des terres familiales alors qu'il a à peine vingt ans. Vers 1895, Hadj Nemat est recruté par l'administration locale comme clerc en raison de ses dispositions intellectuelles. Mais très vite, il mesure l'ampleur de la corruption, des injustices et des abus de pouvoir qui règnent dans l'administration persane de cette époque et, refusant de se soumettre aux compromis nécessaires pour bâtir une carrière dans un tel contexte, il démissionne et retourne à la gestion des terres familiales.

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